Et à l’inverse j’aime ce silence indigène. L’air de dire: « je descend pas de la même cime que toi mon pote ». Ce regard qui te dit, non sans une certaine fierté, que lui travail la terre, à 4000m. L’altitude induit de facto un rythme plus lent, loin de la frénésie d’en bas. Ici on ne voit ni n’entend plus la civilisation. Il n’y a pas grand chose autour de nous et à mesure que nous avançons le poids de nos préoccupations mentales lui aussi se dénude.
En marchant j’ai croisé une chuleta qui lavé du quinoa dans la rivière et une autre qui baladé un troupeau en sandale avec 20kg sur le dos. Un signe de tête, pas de mot, on va pas gaspiller de l’air pour un gringo quand même… Un carpintero m’a répondu avec les yeux que: oui oui, ses planches sont bien découper à la tronçonneuse.
Ici nous sommes loin, loin de la technologie et de toutes ses ex-croissances qui envahissent la place publique de sa médiocrité. Loin de l’hyperconnection, de la stérilité du débat et du déficit attentionel.
Le quechua voit les choses comme elles sont, sans les habiller, sans les travestir.
Ici la terre est bien fertile et on s’y sent bien.
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